Cette lettre de Docteur Madame Jacqueline Caillat de Genève
vient de paraître dans l'edition actuelle de la SAEZ:
http://www.saez.ch/pdf_d/2007/2007-21/2007-21-leserbriefe.PDF
Lettre ouverte aux psychiatres
En tant que psychiatre FMH, je m'étonne du peu
de commentaires soulevé par l'entrée en vigueur
sur les «recommandations concernant les informations
et les rapports sur les psychothérapies»
de l'OFSP.
La lecture de ce document m'a sidérée mais ce
qui m'étonne encore plus c'est de voir la discrétion
des réactions devant ce qui est une disqualification
grave et manifeste de notre travail.
Celle de la SSPP en premier lieu, qui semble trouver
normal d'entrer en discussion sur un texte
dont le contenu est pourtant tellement disqualifiant
pour nous, qu'il aurait peut-être fallu refuser
toute entrée en matière sur ces bases-là (ce
n'est pas, évidemment, qu'il faille refuser toute
discussion sur les coûts des psychothérapies) et
exiger d'abord que le titre de psychiatre-psychothérapeute
FMH soit reconnu et intangible. La
FMH d'ailleurs ne s'est pas particulièrement manifestée
non plus sur le sujet, chose étonnante
puisque c'est elle qui valide la formation et distribue
le titre en question! Comme d'autres l'ont
déjà écrit, ces recommandations qui donnent
aux médecins-conseil (pas nécessairement psychiatres
FMH, donc) et à l'assureur en dernier
ressort, le pouvoir de juger du bien-fondé de
la poursuite d'un traitement, sont totalement
méprisantes pour notre spécialité. Si l'on va
jusqu'au bout de la logique de ce document, il
conviendrait de demander d'abord aux susmentionnés
de poser l'indication d'une thérapie et sa
durée et de nous en déléguer ensuite l'exécution!
Et c'est à cela que nous devrions, bravement,
comme de vaillants petits soldats, dire oui? Le
silence des médecins et spécialistes que nous
sommes me paraît très assourdissants. Rappelonsnous
que lors de l'introduction du TARMED,
d'autres avant nous ont dû défendre leur spécialité
et l'ont fait avec une belle vigueur. Où est passée
la nôtre? Où sont passés notre sens critique,
notre capacité à combattre ce qui équivaut à une
mise sous tutelle, à une négation de notre savoir
et de notre pratique? Pourquoi hésiter à dénoncer
ces recommandations tellement méprisantes
qu'elles en deviennent assassines?
De surcroît, dans ce document, il n'y a aucune
indication sur les voies de recours que le patient
ou le thérapeute pourraient utiliser. Juridique
ment certainement, ce règlement n'est pas
conforme. Qu'en disent les juristes de la FMH, de
la SSPP et des sociétés cantonales?
Les psychothérapies deviennent un enjeu entre
psychiatres d'un côté et médecins-conseil et
assurances de l'autre. Autre dérapage inacceptable
qui, comme par enchantement, «efface» le
sujet de la thérapie, c'est-à-dire le patient!
Allons-nous continuer de rester muets?
Dr Jacqueline Caillat, Genève
Bon jour alfa,
Effectivement, ce phénomène peut paraître un peu paradoxal. Comment le Bulletin Psy&Psy n'aie même pas une place pour les lettres des lecteurs? Normalement les échanges des informations et opinions jouent un rôle essentiel dans la Psychiatrie et Psychothérapie.
Posted by: Huguette, Neuchâtel | May 30, 2007 at 06:30 AM
J'approuve sans réserve l'indignation de Mme Caillat. Mais j'estime qu'elle aurait dû publier sa lettre dans le courrier des lecteurs du Bulletin Psy&Psy, journal de la Société Suisse de Psychiatrie et Psychothérapie. Le problème c'est que la rédaction de Psy&Psy n'a pas prévu de place pour un tel courrier.
Alfa
Posted by: alfa | May 30, 2007 at 12:41 AM